Ce récit raconte ma course en off faite en 2015 dans les Pyrénéens, dans la perceptive de gravir plusieurs cols d’affilés et de préparer ma course des 10 000 km à travers la France réalisée en 2016. Elle me donnera l’idée de mettre en place L’Escapade Pyrénéenne. A vous peut-être l’idée d’y participer.

ESCAPADE PYRENEENNE

Cette année pas de trans-quelque chose pour Patrick, alors pour palier à ce manque, une petite escapade dans les Pyrénées avec le passage de plusieurs cols a été programmée et réalisée les 17, 18 , 19 et 20 août dernier (2015), cela en préparation aux 10 000 km à venir. L’idée courir au moins une douzaine d’heures par jour, additionner kilomètres et, ou dénivelés.
Départ de Lagarde Fimarcon, 30 km au nord de Auch le 17 août à 5 heures du matin (Gers) pour une arrivée à la Bastide de Sérou le 20 août à 17 h 40 (Haute Garonne) 17 km à l’ouest de Foix. Soit 365 km parcourus via les départements des Hautes Pyrénées et de l’Ariège. Peut-être influencé par le tour de France cycliste, le passage de 6 cols, dans l’ordre : le Tourmalet (HC), l’Aspin, le Peyresourdes, le Portillon, le Menté (tous, 1ère Cat.) et le Portet d’Aspet (2 ème Cat.)

Première journée, 17 août :
Après un départ matinal, Patrick va courir jusqu’ aux abords de Tarbes en traversant la campagne Gersoise colorée de ses champs de tournesols. Cette année la température élevée a vite « grillée » la fleur tournée vers le soleil. Son jaune clinquant est vite passé au marron, la tête bêche, la plante n’attend plus que la moisson. Petite pause café à Vic Fezensac au 23ème km. Le marathon est passé en 4 h 57′ et le relief offre ses « up and down ». Le dénivelé positif pour cette journée est de 1094 mètres. Les 50 km sont atteints en 5 h 52′ 40 ». Pause sur un espace de verdure sur le bord de la route au 70 ème km pour 20 minutes : purée de pomme de terre accompagnée de jambon, puis petite sieste. Le parcours se prolonge dans la quiétude des départementales pour atteindre la nationale 21 au 85 ème km à Villecomtal sur Arros. Maintenant la route est plus dangereuse, la circulation abondante. Patrick marque un petit coup de mou sur le ruban fréquenté mais termine sa journée avec 100 km au compteur à 18 h 15 à Orleix près de Tarbes.

Nous regagnons la ville en voiture pour rejoindre l’hôtel réservé sur le net. Petit bémol cependant, et je décroche une étoile si déjà il en possédait au moins une à l’hôtel Ibis qui a certainement sur loué une de nos deux chambres réservées, bref il nous en manque une, et maintenant l’établissement affiche complet. Nous voici en quête d’un nouvel hôtel, mais où vont dormir Annie et Gilles qui nous accompagnent. Oui, l’équipe Australienne est recomposée. Souper au Buffalo Grill, Patrick est fatigué et a du mal à manger.

Deuxième journée, 18 août :
Le petit déjeuner est pris à 4 h 30 à l’extérieur de l’hôtel autour d’un salon de jardin en plastique installé sur le trottoir. Il nous faut faire des allers et venues entre le hall du bâtiment dans lequel chauffent nos kettles et celui-ci pour remplir d’eau chaude les bols et les thermos.
Patrick est redéposé à proximité de son point de départ de la veille à 5 heures passé, mais aucune règle n’a été établie, le périple n’impose pas un point à point, seulement une progression, il n’est donc pas    systématique de repartir précisément à l’endroit atteint.
La traversée de Tarbes est difficile pour Patrick, même si la ville dort encore. La journée d’hier a déjà marquée le coureur. Il faut dire que celui-ci souhaite surtout en découdre avec les sommets et l’étape de la veille n’était à ses yeux qu’une étape de liaison, une étape obligatoire pour enfin atteindre les Hautes Pyrénées.

Tarbes, Lourdes par la national, puis 12 km sur une voix verte pour rejoindre Argelès Gazost, puis Luz Saint Sauveur où Patrick à 13 h 15 marque une pause pâtes, et change de chaussures, l’ascension du Tourmalet peut enfin commencer. 19 km de montée, pour un dénivelé de 1410 mètres et un pourcentage de pente moyen de 7,4 %. 2 heures 30′ pour atteindre le point culminant à 2115 mètres. Patrick est le seul coureur sur la pente raide, ici c’est la petite reine qui domine. Les cyclistes imberbes, aux mollets lisses et tannés s’éreintent dans la montée, des plus élancés au plus ramassés tous veulent battre le colosse, porter le maillot à pois.

Cinq km avant le sommet la brume a pris le dessus sur le soleil resté dans la vallée. Je parlais de maillot à pois, maintenant c’est dans la purée de pois qu’évolue Patrick. En haut rien à voir, l’horizon est bouché, nous ne verrons pas le pic du midi. Tel un cycliste, le coureur est habillé chaudement, ganté, sa frontale allumée il redescend l’autre versant dans l’humidité la plus totale, car il pleut de ce côté ci de la montagne. Autant de kilomètres à descendre, soit près de 2 heures de dénivelé négatif à affronter, pas d’effort à fournir, mais bien plus traumatisant que la montée. Parfois Patrick marche quelques centaines de mètres pour soulager ses articulations. La station de ski la Mongie est passée, la descente se poursuit jusqu’à Sainte Marie de Campan. Le village est à la confluence de l’Adour et de l’Adour de Payolle au pied du Tourmalet et du col d’Aspin. Il marque la fin notre de journée au 95 ème km et 13 h 30 de course. Profitons d’une auberge à la cuisine familiale, et direction le chalet pour une bonne nuit.

Troisième journée, 19 août :
Il y a du pain sur la planche aujourd’hui. 5 heures, Patrick reprend sa course au même point que la veille. Nous sommes tout de suite dans le vif du sujet. Dans la pénombre Patrick affronte la pente raide du col d’Aspin, 12,5 km de montée. Sur les versants Haut Pyrénéens un panneau indique tous les kilomètres, le restant de distance à parcourir, l’altitude et le pourcentage de pente. Ici il varie entre 5 et 9,5 %, le sommet culmine à 1489 mètres.

 

Le col de première catégorie est atteint vers 6 h 50, le jour se lève à peine, et de 1 ! Photos… puis redescente jusqu’à Arreau (autant de km) Patrick marque un temps d’arrêt pour un café. L’ancienne capitale des 4 vallées voit souvent passer le tour de France, une bonne raison pour cela, une fois la ville traversée et sur le versant opposé, c’est l’assaut du col de Peyresourde. Une nouvelle montée de 18,7 km reprend, d’abord timidement, puis bien plus franche et puis ensuite avec encore plus de caractère. Les lacets se perdent dans la pente, le soleil a fait son apparition. Le deuxième col est rejoint à 11 h 25. Et de 2 ! Le paysage se découvre sur les 1569 mètres d’altitude. L’arrivée s’est faite parmi les cyclistes levés tôt ce matin pour terrasser la montagne. Photos… Et bis répétita, Patrick redescend de l’autre côté, direction Bagnères de Luchon. Coup de mou dans la ville thermale au 62 ème km. Patrick marque une pause de 13 h 30 à 14 h 10 sur un parking où en face, sur la paroi rocheuse un groupe s’initie à la varappe. Et c’est reparti, et déjà une nouvelle fois dans le vif du sujet, la pente du col du Portillon énumère déjà ses pourcentages. Ce troisième col affronté aujourd’hui est aussi de 1 ère catégorie.

C’est en plein « cagnard » que Patrick défie les 10,2 km d’ascension d’un dénivelé de 663 mètres. L’arrivée est à 1293 mètres. Patrick connaît bien ce col pour l’avoir déjà franchi en 2008 lors de son périple Agen – Barcelone. 1 h 20′ de montée, il est 15 h 30. En haut c’est l’ Espagne, au fond de la vallée la Garonne part à la conquête de l’océan. Nouvelle descente jusqu’à Bossost. Patrick marque le pas et fini sa journée à Les au 84 ème km à 17 h 35, avec 3 cols au compteur sur cette seule journée. Nous passons la nuit dans un chalet à Arlos.

Quatrième journée, 20 août :
Départ à 5 h 07 du chalet. Un km plus loin Patrick entre dans Saint Béat, prend à droite, emprunte le pont qui traverse la Garonne bien plus calme que le 18 juin 2013 où en crue elle avait tout emporté dans le village.

Pas de répit, Patrick attaque le col de Menté encore un première catégorie, ce col est moins réputé que les autres, mais je vous le confirme, ça monte ! 9,3 km de côte à une moyenne de 9,13 %, un dénivelé de 843 mètres. Le sommet est à 1349 mètre d’altitude, Patrick le franchit à 7 h 00 pile, il fait à peine Jour.

Une nouvelle descente cassante. Patrick longe le Ger sur la D85, puis au carrefour sur Hénné Morte rejoint la D618 à 8 h 50 pour la montée du col du Portet d’Aspet. De là où Patrick part il ne reste que 4,3 km, mais quels kilomètres ! La pente atteint jusqu’à 13 % de dénivelé. Moment d’émotion Patrick s’arrête devant la stèle de Fabio Casartelli, le cycliste a trouvé la mort dans la descente du col lors de la 15 ème étape du tour de France en 18 juillet 1995. L’ascension se fait à l’ombre des arbres et à 9 h 35 le coureur en a terminé.

Petite pause et bain de pieds dans un lavoir à l’eau glacée, photos, achat de miel et de fromage, puis descente. C’en est fini pour les cols, la course se poursuit en descente légère jusqu’à Saint Girons, arrêt pâtes à l’entrée de la ville, il est 13 h 30. Maintenant direction Foix. Adieu départementales paisibles, la D177 l’est beaucoup moins, elle est plus proche d’une nationale, le flot des véhicules l’en atteste. La chaleur est à son comble et la monotonie de la route met un terme à l’escapade Pyrénéenne 25 km après Saint Girons, à la Bastide de Sérou au 86 ème km de la journée. Petit rafraîchissement à la terrasse d’un café et retour tout de go à Lagarde Fimarcon.
Ainsi ce termine notre escapade Pyrénéennes. Patrick souhaitait gravir des cols, voilà c’est fait.

Quelques chiffres pour cette escapade Pyrénéenne:
Kilomètres parcourus : 365 km
Dénivelé positif : 8091 mètres.
Temps de course (Progression) : 51 h 14′
Temps total : 3 Jours 12 heures 38 minutes

 

 

 

 

 

 

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